Turandot

Salut,

Aujourd’hui, pas de dessin. Je vais juste vous raconter l’argument d’un de mes opéras préférés, Turandot, de Puccini.

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Dans une Chine imaginaire du moyen-âge, au sein du palais impérial de Pékin vivait la princesse Turandot.
Turandot était tellement bonne qu’elle attirait des prétendants venus des quatre coins de la Terre (le fait que son futur mari puisse devenir empereur de Chine n’a absolument aucune incidence).

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Néanmoins, la princesse avait ses petites habitudes. Pour avoir la chance de gagner sa main, chaque prétendant se devait de répondre correctement à trois énigmes. Le jeune et beau prince de Perse tente sa chance.

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Sauf que la princesse est une sacrée psycopathe coquine. En cas d’échec, la sentence est la décapitation. Or le jeune et beau prince de Perse vient justement d’échouer.

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Au début de l’opéra, la populace pékinoise se rassemble devant le palais pour assister à l’exécution du prince.

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Au milieu de la foule apparaît un trio intrigué par tant d’agitation. Il s’agit de Timur, roi déchu de Tartarie poussé à l’exil, accompagné de son fils Calaf et de leur servante Liu. Comme ce sont les chinois qui les ont boutés hors de leur royaume, ils se font incognito et dissimulent leur identité (ce qui n’est guère compliqué vu qu’ils ont été réduits à l’état de clodos).

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Calaf, en prenant acte de l’exécution, s’indigne haut et fort de la cruauté de la princesse.

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Puis Calaf aperçoit Turandot.

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Pendant ce temps, Turandot explique que si elle trucide ses prétendants les uns après les autres, ce n’est pas (que) par joie meurtrière mais parce qu’elle venge ainsi son aïeule, violée et assassinée par un prince étranger. À jamais son cœur restera de glace et personne ne l’épousera.

Calaf, malgré les protestations du pater et les pleurs de Liu, s’avance devant la princesse pour relever son défi mortel. Commence l’épreuve des trois énigmes.

Les énigmes originales étant un peu pourries, on les a volontairement remplacées par d’autres intellectuellement plus stimulantes.

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Pour Turandot, qui ne s’attendait pas à tomber sur un gus en possession du bac, c’est donc la bérézina. Mais Calaf, au lieu d’aller gentiment profiter de son dû (c’est-à-dire basculer la princesse, poser les pieds sur la table basse du palais, les clés du royaume dans une main et une binouze dans l’autre) se déclare touché par la détresse de Turandot et lui propose un marché. Il accepte de renoncer à l’épouser ET de mourir si elle découvre son nom avant le premier rayon du soleil. Quelle grande âme, ce Calaf.

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Toute la nuit, la Chine est sens dessus-dessous, peut-être parce que la princesse a menacé de décapiter tout le peuple si l’on ne découvrait pas le nom de l’étranger. Calaf s’en sur-tamponne le nem et chante déjà son petit air de future victoire*. Les trois ministres de la princesse, nommés respectivement Ping, Pong et Pang (si, si) ont l’idée pas si bête mais peu éthique de torturer Liu pour lui soutirer le patronyme de son maître. Le peuple, qui assiste à la scène, réagit face à cette décision inhumaine.

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Mais Liu, petite chose trop innocente, résiste grâce à l’amour qu’elle porte en son cœur pur. Pas rancunière pour un sou, elle crie à Turandot qu’avant que le jour ne se lève, elle tombera amoureuse de Calaf. Puis elle se poignarde pour emporter son secret avec elle dans la mort.

Réaction d’un peuple à peine schizophrène :

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Calaf pleure environ vingt-deux secondes sa servante avant de se souvenir ce pour quoi il était là.
Il engueule Turandot, lui reprochant sa méchanceté et de franchement se la péter pour pas grand chose, puis lui roule de force une pelle. Ce qui semble finalement ne pas déplaire à la princesse.

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L’aube luit sur l’Empire du Milieu. Calaf, décidément pas fini, révèle son nom, laissant son sort entre les mains de Turandot. L’empereur (qui d’ailleurs était là depuis le début de l’histoire mais qui semble royalement s’en cogner que sa propre fille étête du mâle à tire-larigot / se soit faite harceler sexuellement sous ses yeux / et en règle générale du sort de son empire) commence à s’impatienter.

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Alors, sous les cris d’allégresse du peuple le plus con d’Asie, Turandot et Calaf s’en allèrent vivre heureux avec beaucoup d’enfants, car la politique de l’enfant unique de Deng Xiaoping n’était pas encore mise en place en ce temps-là.

 

*C’est dans cet opéra qu’est chanté le cultissime aria Nessun Dorma, consacré par Luciano Pavarotti. C’est cadeau, ça donne des frissons tellement c’est…

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